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Sait-on vraiment qui est à l’origine du street marketing ?


Sait-on vraiment qui est à l’origine du street marketing ?

13 mai 2019,   Categories: ,   By ,   0 Comments,  

La plupart des spécialistes affirment que le street marketing est né de l’underground new-yorkais des années 80 et de sa mouvance hip hop. C’est faux et on va vous le prouver…

« Trooper« , « one shot« , « spot« , « flyer« , « street team« … Les rappeurs new-yorkais ont bel et bien conceptualisé le street marketing en introduisant un tout nouveau vocabulaire. Parmi eux, on retiendra deux ténors : Steve Rifkind à Staten Island et Puff Daddy dans le Bronx. Tandis que Rifkind affirmait avec sagesse que « personne ne devrait sortir un disque avant de savoir ce que la rue en pense», P. Daddy briefait ses street teams de façon bien plus guerrière : « Ils doivent être partout, dans les radios, dans les clubs, aux mariages, aux enterrements, chez les coiffeurs, ils doivent faire tout ce qu’il faut pour que Bad Boy soit connu. Si un caïd de Brooklyn ou du Bronx passe une de nos cassettes dans sa voiture, tous les mômes du coin voudront l’avoir à leur tour. La rumeur part de là, et c’est gagné ».

En France, le street marketing a été introduit au milieu des années 90 par des crews tels que Double H ou IZB, qui ont lancé leurs street teams ! Dans la foulée, les frères Marois ont créé M Communication, cet acteur majeur de la communication urbaine a démocratisé le street marketing et le guerilla en les faisant sortir du carcan des cultures urbaines. Aujourd’hui, le street marketing fait partie intégrante du quotidien des annonceurs. Plus onéreux, le guerilla reste quant à lui la chasse gardée des grands comptes.

Le mouvement hip hop a donc fait naître le « street marketing » tel qu’on l’entend aujourd’hui. Pourtant, il n’est pas le premier courant artistique à avoir utilisé les rues françaises comme comme média…

Dans notre pays, c’est la Loi du 28 Juillet 1881 qui a tout déclenché. Connue pour avoir consacré la « liberté de la presse » en levant la censure, cette loi a également proclamé le « libre affichage ».

Grâce aux travaux du peintre et affichiste Jules Chéret, l’affichage va alors connaître un vrai boom à Paris !

En 1889, Henri de Toulouse Lautrec crée l’affiche « Moulin-Rouge, la Goulue », les parisiens décollent ses affiches et contribuent ainsi à déclencher le buzz autour des bals du Moulin-Rouge. C’est le carton plein pour Zidler, le patron du Moulin Rouge ! Quant à Toulouse Lautrec, il va produire plus de 30 affiches et près de 320 lithographies jusqu’à 1900, devenant ainsi une véritable star de l’affichage publicitaire.

Six ans plus tard, c’est au tour d’Alphonse Mucha de connaître un vif succès. L’artiste réalise l’affiche de la pièce Gismonda, que Sarah Bernhardt doit jouer à la Renaissance et la encore, c’est le buzz total. Les parisiens découpent les affiches comme on cherche un trophée et le Théâtre de la Renaissance est blindé les soirs de représentation. Résultat, Sarah Bernhardt signe un contrat de 6 ans avec Mucha, un artiste considéré de nos jours comme l’inventeur du design graphique publicitaire en France.

Mucha, tout comme Toulouse Lautrec ou encore Bonnard vont ensuite sortir du champ culturel pour s’ouvrir aux grandes marques : Moët&Chambon, Lefevre-Utile, Franche-Champagne, la Chaîne Simpson…

Un siècle sépare l’affichage culturel du street marketing, mais le mode de démocratisation de ces nouvelles techniques de communication urbaine reste le même : tout part de la culture pour ensuite se généraliser à tous les niveaux de la société marchande.

D’ailleurs, la propagande s’est elle aussi appuyée sur des artistes ! Le parti nazi a collaboré avec des plasticiens tels que Felix Albrecht, Hubert Lazinger, Ludwig Hohlwein et en 1935, Joseph Goebbels a même fait de l’artiste « Mjölnir » son commissaire du Reich pour le « design artistique ». Pendant ce temps, Staline faisait appel à Victor Deni et Nicolas Golgorutov, tandis qu’en France, le SFIO avait recours aux travaux de Tchakhotine…

Une chose est sûre : l’histoire ne se répète pas, elle semble plutôt bégayer…

 


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